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5 Façons de vivre simplement sa vie- l'inconnue

Publié le par Steeve Bessong

Rendu inconsciemment dans une région où il n’avait pas mis les pieds depuis fort longtemps. Il y a vraiment de quoi réveiller les fantômes du passé. Il redémarre la voiture, et cette fois ci avance beaucoup plus lentement, il prend le temps d’admirer le décor ; il plonge au cœur de ce quartier inconnu, un peu comme s’il était attiré par toute la saleté qui jonchait les rues… ce quartier n’avait rien à envier, il sentait le faux et le sale. À première vue, l’on pouvait comprendre combien ce quartier était mal famé. Les rues étaient sales et dégradées. Les rigoles bouchées recrachaient l’odeur fétide des eaux stagnées depuis des mois. La route était pleine de crevasses, et l’on avait beaucoup de peine à distinguer la chaussée du trottoir. Tout en critiquant ce quartier dans sa tête, il se dirige vers son cœur. Il avançait encore lorsqu’il entendit quelqu’un prononcer son prénom. Il se retourne, regarde et voit une femme assez voluptueuse secouer la main. Elle était vêtue d’une mini robe noire qui se terminait à la racine de la fesse. Elle avait un teint pâle verdâtre, des tatouages sur la cuisse, des piercings sur la lèvre, le nez, les oreilles et les yeux, elle était repoussante au regard, elle lui donnait presque envie de vomir, surtout quand on prêtait plus attention à son visage qui trahissait son âge avancé ; environ cinquante ou soixante. De plus, il pouvait de là où il était déterminer la couleur de ses dessous. C’était évidant : elle ne pouvait pas s’adresser à lui. Alors il se retourne pour continuer sa route, mais de nouveau la femme prononce son prénom ; mais il ne fait pas attention. Il s’apprête à lancer le moteur, lorsqu’il voit adossée à sa portière une fille particulièrement belle. Belle peau noir cirée, long cheveux noir, des lèvres légèrement rosée, un sourire dévoilant des dents vraiment blanches, contrastant avec le noir de sa peau. Une pupille d’un marron clair, le bord de ses yeux remontait légèrement vers le haut ; on croirait presque qu’elle n’est pas humaine tellement son regard était emprisonnant. Mais ce n’était pas ça qui allait l’impressionner ; il connaissait déjà la suite du livre. Il se dit en lui-même : « Voilà les ennuies qui se pointent ». Comme si elle lisait dans ses pensées, elle lui dit : « Si t’avais pas envie de te faire remarquer, il ne fallait pas retirer le toit de ta voiture. C’est pas très fréquent ici, de voir un aussi beau jeune homme à l’aube du soir, seul dans ces rues, et avec une voiture aussi peu commune, faut dire que tu passes pas inaperçu. » Elle fit une pause attendant qu’il dise un truc, mais il ne dit mot. Ayant compris que rien n’allait venir, elle reprit : « Vois-tu la mère là-bas- en doigtant la femme qu’il avait remarqué tout à l’heure- elle t’appelle. Mais si elle n’arrive pas à te satisfaire, alors vient. Je suis là je t’attends ». Elle pose sur lui un doux regard et se retourne en faisant l’effort d’attirer l’attention du jeune homme sur son derrière rebondi. Après quelques pas, elle se retourne pour regarder Charles espérant croiser son regard, ou du moins un signe qui montre qu’il était intéressé par elle. Mais à son grand regret, il n’avait pas l’air de vraiment s’intéresser, du coup c’est comme si la vielle femme avait pris en l’espace de quelques secondes une très grande importance.

Il descend de sa voiture, regarde une fois de plus dans la direction de la jeune dame pour être sûre de ne pas se tromper ; elle le lui confirme du regard, il avance toujours, non pas sans douter ; mais la curiosité lui tenait le pantalon. Il avance pas à pas avec hauteur et sûreté, bien que la peur lui tenaille le ventre. Il arrive devant ladite femme, et s’assois sans attendre qu’elle le lui demande. Toutefois, il n’ouvrit pas la bouche ; il se contentait de dévisager la femme en question, puis elle prit la parole :

 « Charles, je ne me trompe pas n’est-ce pas ?

-Et qui êtes-vous ?

-Tu n’as pas tellement changé, Tu es toujours aussi beau, ton regard profond et pâle. Hum ; le doute a pourtant disparut. Je me nomme Théa. -Elle fait une légère pause, mais il ne dit rien, alors elle approche sa main de son visage et le caresse- Tu es tellement beau Charles. Je me souviens encore de chaque moment passé avec toi, je me souviens de quand j’enlevais tes couches. Je me souviens de tous ces moments où tu courrais pleurer dans mes bras lorsque tu avais peur ou mal. Tu es bien loin de ce bébé maintenant. Tu n’avais que 5ans la dernière fois que j’ai vu ton visage. –Elle se leva et pris Charles dans ses bras, qui ne disait mot. Il semblait un peu vide ou plutôt, il se sentait mal enjaillé, mais il faisait l’effort de maitriser la gêne- maintenant tu es un jeune homme, un jeune homme qui doit faire la fierté de sa mère….

-Je ne sais vraiment pas qui vous êtes, et je suis assez curieux de le  savoir, et comment me connaissez-vous ?

-Charles, je suis la seule personne qui était là lorsque ta mère te sortait de ses entrailles, je suis la personne qui t’as fait venir au monde, et c’est de mon pain et de mes vêtements que tu t’es nourri, le premier sein que tu as eu dans ta bouche était le mien - à ces mots, Charles regarda son immense poitrine, et il en était dégouté-  J’imagine que l’importance se construit avec le temps, et se temps on ne l’a pas eu. » Charles resta de marbre en la regardant comme si elle était irréel. Il regarda dans ses yeux, ils commencèrent à se remplir De larmes. Il avait du mal à savoir si elle avait mal, ou si c’était juste l’effet de la rencontre ; mais à ce moment il eut un flash il la regarda un peu plus prêt, comme si il voulait sonder son âme, et il lui dit :

« - Tu sortais de l’hôpital de district, ce mercredi, 25 Janvier 1990, il était 16h, elle était assise au sol, à la porte de la salle d’accouchement, elle n’était pas prise en compte parce qu’elle était vue comme une moins que rien, elle n’était rien, et elle n’avait rien. La poche des eaux était déjà percée, et elle était faible et fatiguée d’avoir supporté toute seule les douleurs des contractions. Elle était toute tremblante, apeurée pour elle et son enfant. Tu l’as vu là allongée, et tu t’es rapprochée d’elle, tu lui as porté secours, tu as commencé à la faire accoucher là dehors. Le médecin que tu étais venu voir t’avait aperçu de son bureau, et il remarqua ce que tu étais en train de faire, alors il accouru à ton aide, et c’est ainsi que je suis né, comme tout le monde sur un lit, dans un hôpital. C’était toi cette femme ?» Elle était déjà toute en larmes, et elle lui dit :

« -Oui ; oui c’était moi, il y a déjà 25ans de cela, c’est moi qui ai été la première à te tenir dans mes bras, tu étais tellement beau, des que tu es né je t’ai aimé, comme si tu étais mon enfant, et ça fait maintenant 20 ans que je n’ai plus vu ton visage » elle s’essuie le visage rempli de larmes, et s’arrange sur son siège. Elle prend le temps de le regarder, avant de continuer

« -J’aimerais avoir des nouvelles de Caroline stp, j’aimerais que tu me parle de ce qu’elle est devenue aujourd’hui

­-Maman se porte bien.

-Est-elle toujours dans le métier ?

-Oui, elle se bat tant mieux que mal à gérer les deux bouts, et elle s’en sort plutôt bien.

-Et toi ?

-Moi aussi je travaille du mieux que je peux, et j’arrive à tout gérer. Tout est bien. » Il ne savait pas exactement pourquoi, mais il était en train de mentir à cette femme qu’il ne connaissait pas vraiment. Il connaissait une partie de l’histoire de sa naissance, et il avait très bien compris que ce qu’elle disait était vrai. Mais il n’avait vraiment pas envie de lui parler de sa vie. Il était pourtant à la recherche de l’aide pour sa mère, mais il n’arrivait pas à parler à cette femme, elle était plutôt moche et repoussante, surement l’influence de l’apparence jouait un rôle sur lui. Mais à voir son degré de popularité, il était bien le seul à qui elle ne plaisait pas. Elle était connue de tous, tout le monde qui passait faisait l’effort de lui lancer un regard ou une salutation, et le peu de personnes qui en recevait en retour était tous irradié par la clarté d’un sourire envieux dessiné sur leurs lèvres. Ne pouvant contenir sa gêne plus longtemps, il fait comprendre à la dame que le moment est venu pour lui de prendre congé. Face à l’acquiescement de celle-ci ; il fait un ouf de soulagement, et sans perdre le temps en vaines modalités il se lève et se dirige vers sa voiture. Au moment précis où il veut mettre le contact il écoute de nouveau la jeune fille adossée à sa portière ; quelle poisse ! lui qui se croyait sorti de l’auberge.

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K
Cette partie est très émouvante. Et j'espère retrouver prochainement la véritable raison pour laquelle Théa lui aspire si peu confiance.
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S
Votre soif saura être étanchée Mlle